ADD vs. TDAH : Quelle est la différence et quel terme est correct ?
February 4, 2026 | By Julian Navarro
Vous dites ADD, votre médecin dit TDAH. Si la terminologie vous laisse perplexe, vous n'êtes pas seul. Beaucoup utilisent encore "ADD" pour décrire des difficultés de concentration sans hyperactivité, tandis que les professionnels de santé se sont quasiment tous tournés vers "TDAH". Cette divergence sémantique soulève souvent des questions : Ai-je un trouble différent ? Mon diagnostic est-il dépassé ?
En substance, ADD et TDAH désignent la même condition. Pourtant, notre façon d'en parler a évolué pour mieux refléter le fonctionnement cérébral. Comprendre cette évolution est la première étape vers la clarté.
Dans ce guide, nous démêlerons ces termes. Vous découvrirez les trois formes modernes de TDAH, comment les symptômes divergent entre les présentations "inattentive" et "hyperactive", et pourquoi tant d'adultes – surtout des femmes – restent non diagnostiqués. Enfin, nous vous aiderons à identifier les signes discrets et vous orienterons pour explorer vos traits personnels via notre test TDAH en ligne.

AI Image Prompt : Illustration minimaliste de style infographique. Concept d'écran scindé ou de diagramme de Venn. À gauche "Ancienne appellation : ADD" représentant une personne calme rêvassant. À droite "Appellation actuelle : TDAH" montrant un spectre tricolore. Tons médicaux doux et bleus-verts apaisants. Haute résolution, style vectoriel. --ar 16:9
En bref : ADD et TDAH sont-ils identiques ?
Oui, ADD et TDAH désignent techniquement la même condition. Le terme "ADD" (Trouble du Déficit de l'Attention) n'est plus un diagnostic médical officiel. Il a été remplacé par le terme générique TDAH (Trouble du Déficit de l'Attention avec Hyperactivité).
Cependant, cette évolution terminologique n'efface pas l'expérience du "ADD". Ce que les non-spécialistes appellent ADD – rêverie, oublis fréquents ou désorganisation sans hyperactivité – correspond cliniquement au TDAH de type Inattentif.
Cette distinction est capitale : elle signifie qu'on peut avoir un TDAH sans aucun symptôme hyperactif.
Définition simplifiée : Même trouble, nouvelle nomenclature
Imaginez le TDAH comme une famille regroupant divers traits cérébraux apparentés. Cette famille compte plusieurs "profils" distincts :
- Terme historique : ADD (centré exclusivement sur les déficits attentionnels)
- Terme actuel : TDAH Inattentif (intègre les problèmes d'attention dans le spectre global du TDAH)
Ainsi, la différence entre ADD et TDAH relève principalement de l'histoire médicale. Ils décrivent la même réalité neurodéveloppementale, mais "TDAH" constitue aujourd'hui le terme scientifiquement précis englobant toutes les variantes.
Pourquoi "ADD" est devenu "TDAH" : contexte historique
La communauté médicale a longtemps tâtonné pour nommer cette condition :
- 1980 : Le DSM-III (manuel diagnostique) officialise "ADD" avec une forme sans hyperactivité
- 1987 : Le terme devient "TDAH", créant une confusion chez les patients non hyperactifs
- 1994 (révisé en DSM-5) : Le système actuel conserve "TDAH" tout en précisant que l'hyperactivité n'est pas obligatoire
Ce parcours explique pourquoi de nombreux adultes diagnostiqués dans leur jeunesse utilisent encore "ADD", tandis que les nouvelles générations et les praticiens emploient "TDAH".
Représentation visuelle : un spectre, pas des cases étanches
Imaginez non pas deux entités distinctes (ADD vs TDAH), mais un continuum graduel :
- Extrémité gauche : Inattention pure (rêverie, pertes d'objets)
- Extrémité droite : Hyperactivité pure (agitation motrice, impulsivité)
La plupart des individus se situent entre ces pôles, avec une symptomatologie évoluant selon l'âge, l'environnement ou les périodes de vie. Ainsi, aucune personne n'est "enfermée" dans un profil fixe.
Une condition, trois présentations : comprendre les déclinaisons
Pour plus de clarté, les cliniciens distinguent désormais trois présentations du TDAH. Les identifier importe bien plus que de s'attarder sur l'opposition ADD/TDAH.

AI Image Prompt : Illustration pédagogique présentant trois profils cérébraux/avatars distincts. 1. "Inattentif" (regarde un papillon/rêvasse). 2. "Hyperactif" (fait rebondir un ballon/en mouvement). 3. "Combiné" (combinaison des deux). Style flat design, couleurs chaudes, approche non clinique. --ar 16:9
Présentation Inattentive (anciennement ADD)
C'est la forme communément associée au "ADD". Les personnes concernées ne manifestent pas d'agitation motrice. Elles paraissent souvent calmes, absorbées ou "dans leur monde".
Traits caractéristiques :
- Difficulté à maintenir l'attention sur des tâches monotones
- Erreurs d'étourderie répétées
- Problèmes d'organisation des activités
- Perte fréquente d'objets personnels (clés, portefeuille)
- Oublis des obligations quotidiennes (payer des factures, rappeler)
Peu perturbants pour l'entourage, ces symptômes passent souvent inaperçus durant l'enfance.
Présentation Hyperactive-Impulsive
Cette forme correspond au stéréotype du "TDAH". Plus répandue chez les garçons jeunes, elle est plus visible en raison de ses impacts relationnels.
Traits caractéristiques :
- Agitation constante (tapotements, bougeotte)
- Difficulté à rester assis (course ou escalade inappropriées chez l'enfant)
- Bavardage excessif, interruptions fréquentes
- Impatience marquée dans les files d'attente
- Actions impulsives sans évaluation des conséquences
Présentation Combinée (mixte)
La plus courante. Comme son nom l'indique, elle associe symptômes inattentifs et hyperactifs à parts égales.
Exemple : Vos clés disparaissent quotidiennement (inattention) tandis qu'une agitation interne permanente vous empêche de vous détendre (hyperactivité). Si vous vous reconnaissez dans les deux aspects, cette présentation vous correspond probablement.
ADD vs. TDAH : le vécu intérieur vs. l'expression externe
La confusion entre ADD et TDAH naît souvent de leur différence de manifestation : les ressentis divergent radicalement malgré des racines communes. Décryptons les particularités du type inattentif.
La bataille silencieuse : symptômes invisibles
- TDAH Hyperactif : La lutte est physique – "Je ne peux pas rester immobile"
- TDAH Inattentif : La lutte est mentale – "Je ne contrôle pas mon attention"
Si vous présentez la forme inattentive, votre esprit ressemble peut-être à un navigateur surchargé d'onglets, avec des pensées parasites incessantes. Extérieurement immobile en réunion, vous êtes mentalement absent. Ce "brouillard cérébral" invisible expose souvent à des jugements erronés ("paresse", "manque de motivation").
Comparaison symptomatique : Inattention vs. Hyperactivité
Ce tableau comparatif éclaire les différences entre les deux principales présentations :
| Aspect | Inattentif (ex-ADD) | Hyperactif-Impulsif |
|---|---|---|
| Énergie | Fatigabilité rapide, léthargie fréquente | Suractivation physique, sensation de "moteur interne" |
| Interactions | Apparente passivité (repli, difficulté d'écoute) | Intrusivité verbale, interruptions |
| Tâches | Travail inabouti, procrastination chronique | Précipitation, erreurs par inattention |
| Organisation | Désordre matériel, objets égarés | Chaos lié à l'impulsivité plutôt qu'à l'oubli |
| Mobilité | Corps statique, esprit vagabond | Incapacité à rester en place |
Auto-évaluation : reconnaissez-vous ces signes d'inattention ?
Si vous soupçonnez un TDAH Inattentif, vérifiez si ces situations vous sont familières. Cette liste n'est pas diagnostique mais indicative :
- Vous entrez dans une pièce sans en connaître le but ?
- Les conversations longues vous font "décrocher" malgré vos efforts ?
- Votre espace de travail résiste à toute tentative d'organisation durable ?
- Les tâches demandant un effort mental prolongé vous rebutent ?
- Votre perception du temps est souvent erronée ("cécité temporelle") ?
Plusieurs réponses positives suggèrent une affinité avec le TDAH Inattentif. Un test TDAH en ligne pourrait éclaircir votre situation.
Pourquoi le "ADD" échappe souvent au diagnostic chez les adultes (surtout femmes)
Un scénario récurrent : une quadragénaire consultant pour anxiété découvre un TDAH Inattentif méconnu depuis l'enfance. Explications de cette sous-détection.
Préjugé social : "l'agitateur" vs. "le rêveur"
L'école et les parents réagissent principalement aux troubles comportementaux. L'enfant hyperactif dérangeant la classe attire l'attention. L'enfant rêveur, silencieux et non perturbateur reste ignoré.
Ce biais fait que le TDAH Inattentif n'est souvent identifié qu'à l'âge adulte. Les concernés compensent par un travail acharné ou une intelligence élevée masquant leurs difficultés.
Le masquage : l'épuisante comédie de l'adaptation
À l'âge adulte, les personnes non diagnostiquées développent fréquemment des stratégies compensatoires coûteuses en énergie :
- Création compulsive de listes palliant les problèmes de mémoire
- Obsession horaire pour éviter les retards
- Autocensure sociale par peur des jugements
Cette façade de "normalité" engendre un épuisement chronique, souvent interprété à tort comme de l'anxiété généralisée.
L'anxiété : symptôme ou conséquence du TDAH inattentif ?
Un chevauchement fréquent. Le stress permanent induit par un TDAH non pris en charge mime souvent un trouble anxieux. Traiter uniquement l'anxiété sans adresser le TDAH sous-jacent s'avère généralement insuffisant.
Passer du doute à l'action : démarches concrètes
Votre compréhension de l'équivalence ADD/TDAH soulève peut-être cette question : Et si j'en étais atteint ?

AI Image Prompt : Femme méditative dans un intérieur ensoleillé, notant ses réflexions ou contemplant le paysage. Ambiance apaisée et introspective. Lumière naturelle douce. Style réaliste. --ar 16:9
Auto-observation vs. diagnostic formel
Seul un professionnel habilité (psychiatre, neuropsychologue) peut confirmer un TDAH. Cependant, les démarches diagnostiques (coût, délais) découragent parfois.
L'auto-analyse préparatoire constitue une étape valide et utile : elle forge un vocabulaire précis pour exprimer vos difficultés et évaluer la nécessité d'un bilan complet.
Quiz d'auto-évaluation du TDAH Inattentif
Notre test TDAH spécialisé (gratuit, confidentiel, 5 minutes) vous permet :
- D'objectiver vos schémas attentionnels
- De comparer votre profil à des critères cliniques
- D'obtenir un rapport personnalisé éclairant
Cet outil éducatif ne remplace pas un diagnostic, mais facilite la prise de décision éclairée.
Parcours diagnostique officiel : à quoi s'attendre ?
En cas de présomption forte de TDAH, voici le processus type :
Évaluation médicale standard
Aucun examen biologique ou scan ne détecte le TDAH. Le diagnostic repose sur :
- Entretien clinique : Exploration détaillée des symptômes depuis l'enfance
- Questionnaires validés : Complétés par le patient et parfois un proche
- Diagnostic différentiel : Exclusion d'autres causes (troubles thyroïdiens, apnée du sommeil...)
Préparer efficacement votre consultation
Optimisez votre bilan grâce à ces préparations :
- Listez vos symptômes actuels et leur chronologie depuis l'enfance
- Collectez des bulletins scolaires évoquant des troubles attentionnels
- Notez des exemples concrets d'impacts professionnels/relationnels
Réconciliation neurocognitive : votre cerveau n'est pas défaillant
ADD ou TDAH Inattentif ? Peu importe l'étiquette. L'essentiel est de saisir que votre fonctionnement cérébral diffère sans être déficient. Cette prise de conscience libératrice ouvre la voie à des stratégies adaptées plutôt qu'à une lutte épuisante contre vous-même. Pour initier ce voyage vers une meilleure compréhension de vous-même, notre test TDAH constitue un premier pas accessible.
Questions Fréquentes
Le TDAH est-il génétique ?
Oui, l'hérédité joue un rôle majeur. Un parent TDAH augmente significativement le risque pour sa descendance. Nombre d'adultes découvrent leur propre TDAH après le diagnostic d'un enfant.
TDAH et intelligence sont-ils liés ?
Aucun lien. Le TDAH n'affecte pas le potentiel intellectuel – il entrave seulement son expression dans les cadres standards (scolarité, emploi conventionnel).
Le TDAH est-il un trouble des apprentissages ?
Non. Classé comme trouble neurodéveloppemental, il coexiste fréquemment avec des troubles dys (dyslexie...) mais en diffère. Ses impacts sur les apprentissages relèvent des déficits attentionnels et exécutifs.
Peut-on "guérir" du TDAH ?
C'est une condition chronique, non "guérissable" au sens classique. Une prise en charge pluridisciplinaire (médication, psychothérapie, aménagements) permet néanmoins une vie épanouie et productive.